Hésitations, doutes et premiers essais en France.


Si vous vouliez en 1800, vous rendre de Paris à Rouen, vous aviez le choix entre deux possibilités. La route de Paris à Rouen par Mantes et Vernon par les postes de : Nanterre, St-Germain, Triel, Meulan, Mantes, Bonnières, Vernon, Gaillon, Le Vaudreuil, Port-St-Ouen et Rouen. Autre itinéraire, par Pontoise et Magny-en-Vexin, un peu plus court, par les postes de St- Denis, Sannois, Pontoise, Bordeaux-de-Vigny, Magny en Vexin, St Clair, Villers, Ecouis, Bourg-Baudouin, Boos et Rouen.
Ces transports constituaient une véritable industrie régie par des lois, des ordonnances périodiquement modifiées au gré des rois, des événements, des matériels et des hommes.. Monopole remarquable, ce monopole des transports sera battu en brèche par MMrs Laffitte et Caillard en 1827. Laffitte, un nom prestigieux, dont il sera à nouveau question par la suite puisqu'il fut à l'origine de la constitution de la " Compagnie du Chemin de fer de Paris à Rouen " et dans un deuxième temps de Rouen au Havre.

 

 

Dès 1814, Mr. Pierre-Michel Moisson-Desroches présente à l'Empereur Napoléon 1er un premier projet de sept lignes devant relier l'empire à la capitale. Ce réseau devait être un outil autant politique que stratégique, mais l'Empereur n'y accorda aucune attention. La première voie ferrée en France fut ouverte en 1823 sur 22 km entre St-Etienne et Andrézieux pour les transports de houille. Les premiers convois sont encore tractés par des chevaux. Marc Seguin, travaille sur les insuffisances de la machine de Stephenson, en 1827, il dépose le brevet de la chaudière tubulaire qui va chauffer l'eau plus efficacement et qui permettra à Stephenson d'imposer la Rocket entre Liverpool et Manchester. En 1829, il livre deux locomotives du type Rocket équipées de la chaudière tubulaire et du tirage forcé par le passage de la vapeur dans la cheminée. En 1831, la ligne relie St Etienne à Lyon en 5 heures et assure le trafic voyageurs. Sous la direction de Marc Seguin, on utilise pour la première fois des rails en fer posés sur des traverses en bois. A cette époque on considérait
le chemin de fer, au mieux comme un complément des voies navigables, au pire comme un simple jouet. Les saint-simoniens furent d'un avis contraire. Ils voyaient d'emblée, dans ce mode de transport, la possibilité d'établir des liens nouveaux entre les nations et les cités, et d'améliorer les conditions de l'existence humaine, ce qui ferait du chemin de fer un instrument de la paix et du progrès.Ils proposaient d'ailleurs que les besoins gigantesques en financement soient pris sur le budget de la guerre. Cependant, les oppositions à ce nouveau moyen de transport étaient vives, des craintes s'exprimaient pour la santé des utilisateurs, on craignait le passage dans les tunnels, les fumées, les dangers de la vitesse, etc. Enfin les maîtres de postes et leurs personnels, les auberges, sentaient bien qu'une mutation dévastatrice se préparait à court terme dont ils seraient les victimes et qu'ils verraient leurs établissements désertés par la clientèle. D'autre part, les financiers demeuraient prudents à l'égard d'un moyen de transport dont la fiabilité devait encore faire ses preuves

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