Les transports jusqu'au XIX ° siècle

. A cette époque, on ne connaissait encore que la traction animale sur les voies terrestres ou fluviales. Omnibus, diligences, coches, berlines, ont sillonné pendant des siècles les routes poudreuses entre la Normandie et Paris. Certaines voitures, tirées par 4 ou 6 chevaux, pouvaient contenir jusqu'à 20 passagers. Les transports étaient coûteux et interminables. Il fallait une journée pour se rendre de Paris à Rouen, deux jours de Paris au Havre, trois jours, le plus souvent quatre, de Paris à Cherbourg.

Les transports par voie d'eau sont logés à la même enseigne. Les bateaux en descente se laissent entrainer par le courant, simplement guidés à l'avant et à l'arrière par des hommes équipés de grandes perches. A la remonte, ils doivent être hâlés depuis la berge, par des chevaux ou des hommes.Les écluses sont inéxistantes, il en résulte de nombreux pertuis qui rendent la navigation difficile et les franchissements à la remonte épuisants et dangereux pour les hommes et les animaux.

Marc Seguin, en 1825, dirige une importante société de navigation sur le Rhône. Il envisage l'utilisation de la machine à vapeur pour la navigation fluviale. Il invente la chaudière tubulaire qui permet d'augmenter le débit de vapeur et le tirage forçé par le passage de la vapeur dans la cheminée de la machine.Son idée est d'utiliser le système du touage avec les machines à vapeur. Il s'agit, à l'aide d'un cable reliant le remorqueur à un point fixe de tirer un train de bateaux. Les points d'ancrage sont installés tous les quinze kms sur la rive. Une machine à vapeur installée sur le remorqueur permet d'enrouler le cable et par là-même de tracter le train de barques. Un navire à vapeur plus léger, appellé "voltigeur" est chargé de déplacer le cable d'un point d'ancrage à un autre. Mais cette expérience est décevante. Le cable s'use très rapidement. Les conflits avec les utilisateurs du hâlage traditionnel sont fréquents et la rentabilité se fait attendre. Les actionnaires se découragent et liquident la société. Ils se font dédommager en actions sur le chemin de fer que construit ensuite Marc Seguin de Lyon à St Etienne de 1829 à 1833. Mais la batellerie sera la première à utiliser pleinement la vapeur. Dès 1830, un service régulier est mis en place sur la Seine.

Entre Paris et Rouen, les Dorades et les Etoiles, bateaux équipés de roues à pales, d'une longueur de 52 à 56 m, d'une largeur de 2, 44 m, mues par des machines à vapeur à haute pression de 40 cv pour les dorades et de machines à basse pression de 75 cv pour les étoiles vont assurer ce service jusqu'en 1860. Ces jolis paquebots offrent aux voyageurs un niveau de confort jusque là inconnu : ameublement élégant, salons particulièrs pour les dames, excellents restaurants. Ils desservent tous les ports fluviaux, départ du Peq à 8 h, arrêts à Conflans Ste Honorine, Poissy, Triel, Meulan, Mantes, Rosny, Vetbeuil, Bonnières, Vernon, Gaillon, Les Andelys, St Pierre du Vauvray, Poses, Pont de l'Arche, Elbeuf, Oissel, Rouen et proposent une correspondance pour Le Havre et Londres. Arrivée à Rouen à 19 h, ca n'est guère plus rapide que la diligence, mais c'est plus confortable. Ces bateaux seront retirés du service en 1860 du fait de la concurence du chemin de fer. Plus tard, en 1855, le touage sera réalisé sur la Seine, grâce à la technique de la chaine noyée au fond du fleuve. Une chaine de 226 km de longueur, allant de Conflans Ste Honorine au Trait. Ce système qui avait causé l'echec de Marc Seguin sur le Rhone, va fonctionner jusqu'en 1930 et va révolutionner la batellerie.


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